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La sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie dégénérative qui affecte le système nerveux. Ses causes ne sont pas connues, bien que les chercheur(e)s aient identifié des facteurs génétiques, environnementaux et épidémiologiques qui influencent l’apparition de la maladie. La SEP est  considérée comme une maladie auto-immune qui s’attaque au système nerveux central (cerveau, moelle épinière et nerfs optiques). Elle est liée à une activité anormale de certains anticorps dirigés contre la gaine de myéline, l’enveloppe protectrice des fibres nerveuses. Si  la détérioration de la myéline est importante, l’influx peut être complètement bloqué.

Au Canada, on compte présentement entre 55 000 et 75 000 personnes atteintes de la SP, ce qui représente l’un des taux les plus élevés au monde. Bien qu’on ne soit pas encore capable de guérir la maladie, plusieurs traitements sont toutefois disponibles pour en freiner la progression et en diminuer les impacts. En Estrie seulement, plusieurs cas par année sont diagnostiqués.

Il existe 3 types généraux de sclérose en plaques et une autre catégorie plus ou moins bien établie.

  • Sclérose en plaques récurrente/rémittente
    • Cette forme de sclérose en plaques implique des poussées de sclérose sur une base irrégulière. Lors de celles-ci, les symptômes existants deviennent possiblement plus forts et de nouveaux symptômes apparaissent parfois. Ce type de sclérose peut entrainer des rechutes aux quelques mois comme aux quelques jours tout comme elle peut devenir inactive pendant plusieurs années avant de réapparaitre. Cette sclérose en plaques est la plus sensible aux Immunomodulateurs, ce qui permet de la contrôler plus facilement.
  • La sclérose en plaques secondaire progressive
    • La SEP secondaire progressive se développe lors de l’aggravation d’une SEP récurrente. Elle représente l’évolution de la maladie où des symptômes plus sévères tels qu’une perte de mobilité ou une autre infirmité se développe de manière permanente chez le patient. Environ 40 % des cas de sclérose en plaques se développent sous cette forme.
  • Sclérose en plaques primaire progressive
    • Contrairement aux autres types de SEP, celui-ci ne présente pas de poussées distinctes de la maladie. Les symptômes deviennent de plus en plus forts et de nouveaux symptômes apparaissent progressivement au cours des années.
  • La sclérose en plaques bénigne
    • Cette SEP, constituant 20 % des cas de la maladie, est généralement causée par quelques poussées de sclérose qui disparaissent presque entièrement, laissant derrière elles des séquelles peu sévères. Les symptômes sont faibles et se limitent souvent à une perte de sensibilité ou de mémoire. On ne peut diagnostiquer ce type de sclérose que si des symptômes plus importants se développent, ce qui arrive généralement environ une dizaine d’année après les premières poussées de la maladie.

Diagnostic

Comme les symptômes de la SEP peuvent être confondus avec ceux de plusieurs autres maladies neurologiques, il est difficile d’établir un diagnostic avec certitude. Il peut s’écouler un certain temps entre l’apparition des premiers symptômes et l’annonce du diagnostic. Plusieurs de ceux-ci peuvent apparaitre et disparaitre rapidement. Les principaux signes de SEP sont les troubles moteurs (faiblesse musculaire, manque d’équilibre), une diminution de l’attention, un engourdissement ou une perte de sensibilité, une diminution de la vue et certains troubles urinaires et sexuels tels l’impuissance et l’incontinence.

La rapidité de la détection de la maladie dépend de l’intensité et de la gravité des symptômes. Par exemple, la présence d’une inflammation du nerf optique, un symptôme classique de la SEP, pourrait amener un spécialiste à pencher vers le diagnostic de SEP.

Pour conclure à un diagnostic de SEP, le médecin doit toutefois procéder à une série d’analyses et d’examens. Les résultats doivent démontrer une atteinte du système nerveux central à deux endroits distincts. Différents tests sont disponibles tels que mentionnés ci-dessous.

Si le diagnostic est positif, une équipe multidisciplinaire pourra tenter de diminuer l’impact de la SEP sur la vie de la personne diagnostiquée et de son entourage. Le service de neurologie, la clinique de sclérose en plaques ainsi que l’Association de la Sclérose en Plaques de l’Estrie en sont les principaux intervenants.

  • Analyse du passé médical et examen neurologique
    • La première étape du diagnostic est d’analyser le dossier médical du patient pour vérifier si certains antécédents correspondent à des symptômes de la maladie. Par la suite, on effectue un examen neurologique au cours duquel le médecin spécialiste recherche des anomalies et des séquelles d’anciennes poussées de la maladie.
  • L’imagerie par résonnance magnétique
    • L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) est considérée comme un outil moderne et indispensable à l’établissement du diagnostic. À l’aide du gadolinium, un produit de contraste, l’IRM révèle les zones détériorées du système nerveux central. Malgré cette technologie, il est toutefois possible que le médecin ne soit pas en mesure de poser un diagnostic clair puisque plusieurs autres maladies présentent des schémas semblables à ceux de la sclérose en plaques lors de l’IRM.
  • L’évaluation des potentiels évoqués
    • L’étude des potentiels évoqués permet de mesurer la vitesse de propagation de l’influx nerveux, ou, en d’autres termes, d’évaluer la vitesse de réponse du cerveau à divers stimuli. Comme la SEP entraine généralement un ralentissement de cette réponse, cet examen est une autre méthode permettant de valider un diagnostic.
  • Ponction lombaire (analyse du liquide céphalo-rachidien)
    • Le recours à la ponction lombaire est moins fréquent depuis l’utilisation de l’IRM et de l’évaluation des potentiels évoqués alors que ces méthodes sont moins invasives. Elle est toutefois utile lorsque les résultats des tests précédents ne sont pas suffisamment concluants. Le médecin analyse alors le liquide céphalo-rachidien qui circule dans le cerveau et la moelle épinière. Cette technique peut révéler une production anormale d’anticorps qui cause la SEP.

Les traitements

La sclérose en plaques est une maladie imprévisible et évolutive qu’aucun traitement ne peut présentement guérir. Comme chaque cas de SEP est unique, les traitements administrés ne sont pas les mêmes d’une personne à l’autre.

Au Canada, sept traitements ont été approuvés par Santé Canada pour réduire les poussées de sclérose et leurs effets : Avonex, Betaseron, Extavia, Copaxone, Rebif, Tysabri et Gilenya. Ceux-ci peuvent être divisés en trois catégories, les immunomodulateurs, le Fingolimod et les stéroïdes.

 

Les Immunomodulateurs

Ils ont comme fonction de potentiellement ralentir la progression de la maladie en réduisant la durée et la fréquence des poussées ainsi que le nombre de lésions cérébrales qui en résultent.

Ces médicaments ne guérissent pas la maladie, ce sont plutôt des traitements préventifs qui visent à en contrôler les futurs symptômes. Ils sont surtout efficaces contre la forme récurrente de la SEP. Leur utilisation contre les formes primaires et progressives secondaire se montre toutefois moins efficace.

Les immunomodulateurs se divisent en trois catégories.

 

  • Les interférons bêta
    • Les interférons sont des protéines du système immunitaire. Lors d’une infection par un virus, ils sont synthétisés et libérés pour empêcher les cellules virales de se multiplier. Ils permettent donc de contrôler la réponse du système immunitaire face à ces virus. Les médicaments Avonex, Betaseron, Extavia et Rebif font partie de cette catégorie.
  • L’acétate de glatiramère
    • L’acétate de glatiramère est un fragment de protéine qui vient isoler les fibres nerveuses pour améliorer la myéline, détruite par la sclérose. Elle vient transformer la réaction inflammatoire des lymphocytes T en réaction anti-inflammatoire, ce qui rend les lymphocytes moins nuisibles lorsqu’ils s’attaquent au système nerveux. Concrètement, cette protéine sert à espacer les poussées de sclérose en plaques. Le seul traitement qui l’utilise est le Copaxone.
  • Les inhibiteurs sélectifs des molécules d’adhésion
    • Les inhibiteurs sélectifs empêchent les molécules d’adhésion de traverser la barrière hématoencéphalique, c’est-à-dire qu’ils créent une barrière empêchant le système immunitaire de s’attaquer aux cellules du cerveau et de la moelle épinière et d’ainsi affecter le système nerveux. Ils permettent donc de contrôler l’inflammation et de ralentir l’invalidation des personnes touchées. Le traitement au Tysabri est le seul à utiliser ce processus.

Les stéroïdes

Les stéroïdes sont utilisés pour traiter les poussées de SEP. Ils permettent de freiner l’inflammation dans le système nerveux central et de diminuer la gravité et la durée des poussées. Il faut cependant éviter de les utiliser trop souvent ou sur une longue période puisqu’ils ont des effets négatifs sur le foie et les reins et entraînent une réduction de la densité osseuse.

Le Fingolimod

Un troisième type de traitement a été approuvé en 2010 par Santé Canada. Le fingolimod, commercialisé sous la marque Gilenya, tente de modifier l’évolution de la maladie dans le but de réduire la fréquence des poussées de SEP et la progression des symptômes existants. Il s’agit du premier médicament modulateur des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate. En d’autres mots, ce type de remède empêche les cellules corrompues du système immunitaire d’atteindre le système nerveux, ce qui limite ses attaques sur la myéline. C’est le premier médicament à se prendre oralement.

De façon générale, toute habitude de vie saine favorise la stabilité de la maladie et le mieux-être du patient. Une alimentation équilibrée, un programme d’exercice physique régulier et des moments de détente permettent de mieux vivre avec la SEP.